Stéphan Bernhard

Cuisinier un jour, Cusinier toujours

La carrière de Stéphan Bernhard se résume en quelques lignes. En effet, le chef a toujours cuisiné étoilé. Entre 1987 et 1989, il fait son apprentissage au restaurant « Au Lindenplatzel » à Mittelbergheim. Il se tient au fourneau du restaurant « La Couronne » à Baldenheim (*Michelin) jusqu’à son brevet professionnel (bac pro) en 1991. D’autres temples gastronomiques de la rive gauche du Rhin tracent la carrière professionnelle du modeste français : restaurant « Au Valet de Cœur » dans le Val de Villé, le « château d’Adoménil » à Lunéville ; le restaurant « la Chenaudière » à Colroy La roche. Il revient au « Valet de Cœur » comme chef de cuisine en 1995.

« Je suis très ambitieux »: avoue-t-il et cela lui réussit!

Nulle part ailleurs, Bernhard ne tient plus de deux ans jusqu’à ce qu’en mai1998 ; il ouvre le « Jardin de France » à Baden-Baden avec son épouse Sophie. Le couple a le sentiment que la ville balnéaire les « veut ».Les conditions (les prémices) sont idéales : l’emplacement et l’envie d’une excellente cuisine françaises. Pou toutes ces raisons le couronnement (le succès) ne se fait pas (ne se laisse pas) attendre. Six mois à peine après son ouverture, le talent gastronomique de Bernhard (Stephan) obtient un 15 au Gault Millau et un an plus tard la première étoile Michelin lui tombe du ciel gastronomique (gourmet). « La preuve (le fruit) d’un travail de toute une équipe » reconnaît Stephan Bernhard.

Les Bernhards se sédentarisent grâce aux deux enfants : Lara (8) et Léonie (5). M.Bernhard a le sens de la famille. A côté de la cuisine, on pourra le rencontrer souvent se promenant dans la belle Lichtentaleralle avec ses filles. »C’est une détente pour moi « et nous le croyons sur parole. Mais en vérité, la place du chef est derrière les fourneaux. Ses inspirations fusent juste avant l’essai, comme des éclairs qu’il déguste et goûte dans sa tête avant leurs réalisations. Génial pour lui, parfois un casse-tête pour son équipe.

La cuisine de M. Bernhard est jeune, osée et française. Il ne s’affole pas. Il n’entre pas dans la routine,ce qui le mène, lui et son équipe aux créations les plus extravagantes : salade de mesclun avec une vinaigrette à l’orange et à la réglisse,les langoustines de Bretagne rôties ou le foie-gras à la compote de pommes-rhubarbe et son jus au brou de noix. Un grand art culinaire basé sur des principes simples. Le produit est roi, sa qualité est la condition première à la réalisation d’un beau plat Cela implique la proximité du producteur, de l’agriculteur, du pêcheur ou du livreur, et la confiance en eux est primordiale.

Le meilleur poisson lui vient en 36 heures des pêcheurs bretons auxquels il rend visite pendant les vacances. Les légumes sortent du jardin des beaux-parents, les pigeons de Théo KIEFFER en Alsace, les herbes sauvages arrivent par courrier express de l’autre côté de l’Allemagne. Si la qualité y est, le reste est savoir et intuition, donc l’affaire du chef. Sophie Bernhard avec son charme à la française rayonne à travers le restaurant. Faisant le relais entre l’hôte et la cuisine, elle surprend les gourmets par ses suggestions adéquates et attentionnées « Chacun doit se sentir à l’aise dans notre « jardin français » et en retirer ce que le cœur lui en dit. Sophie Bernhard gère aussi la carte des vins et la cave. Elle renferme de grands vins de tout horizon (400 positions). Les premières pages sont réservées aux grands crus des petits viticulteurs régionaux, que Sophie Bernhard conseille avec grand plaisir: un hommage au pays de Bade, leur terre d’accueil.